Lundi 28 avril 2008
Il arrive un moment où l'on n'arrive plus à croire
Où les mots s'effacent et les paroles n'ont plus de sens

L'absence de mots, tout comme leur présence forcée blesse
Et rouvre cette gigantesque cicatrice qui partage le cœur.
Ne croyez pas que leur présence forcée ne se voit pas...
C'est ce qu'il y a de plus flagrant
Vaut mieux l'absence...
S'il vous plait...

Derrière une chanson, c'est un être humain qui existe, qui regarde et qui souffre.
Derrière quelques paroles, c'est un état d'esprit qui s'exprime, une mélancolie, une solitude, une souffrance.
La désillusion reste néanmoins la plus forte quand les rêves ne protègent plus.
Mais derrière ces paroles, si réalistes soient-elles,
Il y a le détachement.
Ces paroles dans lesquelles je me reconnais et je reconnais ce qui m'entoure
Paraissent si loin et en même temps si proche
Elles nous reflètent, notre vie, notre perte
Ce qui ne semble pas avoir de fin
Ces paroles ce sont nous.
Non ce serait trahir.
Ces paroles c'est moi.
Et je me laisse couler dans mon délicieux naufrage
Espérant chaque fois un nouveau bateau
Mais ce n'est qu'une simple bouée que j'attrape quelques fois.

Respiration superficielle, existence artificielle.
Car nous ne pouvons pas vivre par et à travers les autres
Pourtant c'est ce que je fais en m'installant dans ma passivité
Et je regarde, j'observe tel un spectateur
J'assiste à une danse macabre et les yeux horrifiés
Je ne peux cependant pas les détacher de ce spectacle
Mais les autres ne peuvent me faire don de leur existence
Mais je ne peux me contenter de vivre à travers Eux
A travers un sourire, comme le sourire de cet homme l'autre fois
Qui m'a donné cette étincelle de bonheur et l'espace d'un instant se lisait ce joli mot sur mes lèvres
Etrange sensation que celle-là, un sourire comme jamais je n'en avais vu
Ce sourire qui ne m'étais sans doute pas destiné mais qui m'explosa à la figure.

Les mots...
Quand le pouvoir des mots est trop fort ou quand il parait avoir été perdu...
Les mots qui s'envolent, les mots qui ont perdu leur sens,
Ces mots que l'on aimait tant attendre...
Mais ces mots qu'on en vient à haïr...
Et c'est dur de continuer quand les mots sont une drogue,
Quand les mots sont tout ce qu'il nous reste,
Quand les mots aident à survivre et atténuant la douleur,
Quand l'écriture devient opium, mais que l'analgésique disparaît...
L'anesthésiant s'efface à travers ses paroles
Qui d'un coup perdent toute leur signification
Qui paraissent étrangères ou tout simplement fausses
Quand la volonté d'y croire se fait écraser par la peur et le désespoir grandissant
Quand prendre son stylo ne représente plus la même chose...
Parce que les mots semblent dénaturés, dénudés
L'essence même semble avoir disparue.
Et plonger dans les rêves devient extrêmement difficile
Car l'absence de mots embrume les images
Qui s'effacent devant la solitude.
Quand la chute parait irrémédiable,
Mais que le dernier fil malgré l'effilochement ne craque pas encore
C'est la tristesse et le désespoir, suivit de la résignation désillusoire qui s'installe
Et voici l'attente...
L'attente du moment fatal
Tant irrémédiable soit-il reste latent.
L'attente latente.
L'attente d'une chute ou d'une main tendue.
L'attente d'un rien ou d'un nous.
L'attente d'une lame ou d'une larme.
L'attente d'un rictus ou d'un sourire.
L'attente du nouveau naufrage
Tandis que la coque se déchire petit à petit
Parce que nous n'existe sans doute pas
Mais parce que je veux garder mon illusion, je ferme les yeux.
Cependant derrière un sourire se cache bien souvent une plaie grande ouverte
Où une larme coule sans cesse...

Mais tout ça ne sont que des mots,
La magie est partie et bien entendu
je n'ai pas réussi à mettre des mots sur ce que je voulais.
Cette phrase qui semble si bien représenter ce qui s'est passé :
* Tu ressembles au naufrage que j'ai fait autrefois, que j'ai fait trop de fois, que j'ai fait avec toi... *
Cette phrase où il y a Toi, Moi, Nous...
Mais au final qui es-tu Toi ? Qui sommes-nous ?
Et je vagabonde pâle nuée fantomatique, embrumant chaque lettre
Car rien n'a réussi à retransmettre ce que je voulais,
Quelques personnes, sentiments, sensations...

Mais au fond, qu'importe....

Parfois il faudrait l'étouffer ce cœur...

Dans le Toi, dans le Nous se cache plusieurs personnes
Car le Toi est magique, aimant-aimé, haïssant-haï....
Mais qu'au final il n'y a personne
Car les simples mots ne peuvent exprimer l'amour
Produit par la passion, la mélancolie et la tristesse...
L'amour est plusieurs et pourtant un simple mot existe.
L'amour des mots, l'amour de l'être, l'amour de Nous, l'amour de la mélancolie,
Mais avant tout l'amour pour Lui, pour Eux...

Un signifie plusieurs.
Parce qu'un simple mot est pour Eux.

par Bulles de Mots publié dans : Pensées
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